Le 7ème Continent

Bonjour à vous, délicieux explorateurs des côtes sauvages du  7ème Continent (T7C) !

Pour ceux parmi vous qui ignorez de quoi il s’agit, ce jeu est un événement dans le monde ludique qui a vu le jour grâce à la société Serious Poulp, derrière les idées originales de Ludovic Roudy et Bruno Sautter. Lancé lors d’une première campagne via KickStarter, ce jeu non disponible en boutique a été proposé lors d’une seconde campagne à laquelle j’ai eu la chance de participer. Réunissant plus de 43000 participants pour une valeur dépassant les 7millions de $, c’est un véritable succès pour ses deux auteurs. Mais quel type de jeu peut motiver autant de monde ?!

Et bien un système très simple et ancien, puisqu’il s’agit d’une aventure inspirée des « Livres dont vous êtes le héros ». Souvenez-vous, sur les plages de votre enfance, avec un crayon à papier, une gomme, et pour les plus chanceux un dé fabriqué à la va vite en papier, vous plongez dans un de ces livres aux noms fantasy très thématiques : « La vengeance de Xor », « Le marais des lamentations », « Le donjon de l’oubli » … Vous progressez de pages en pages dans une histoire ou vous incarnez le héros principal et êtes soumis à des choix permanents face à des situations critiques, tout en gérant vos points de vie, votre or, etc …  «  Après avoir franchi la porte noire, rendez-vous au 47 »

Repensé et présenté ici sous forme de cartes richement illustrées et détaillées, ce système de jeu se voit offrir un lifting qui n’ôte rien à sa beauté originelle !

Vous incarnez des explorateurs participant à une expédition des années 1900 qui a permis de révéler pour la première fois les côtes sauvages du 7ème continent, et qui en sont revenus vivants ! Hélas après votre retour à la civilisation, vous êtes affaibli par une forte fièvre qui s’empare de vous en un instant, et vous assomme au point de perdre connaissance. A votre réveil, vous vous retrouvez seul(e) avec votre besace et un carnet sur ce territoire aux paysages que vous reconnaissez instantanément, celui du continent mystérieux qui vous a rappelé à lui. Vous devrez survivre assez longtemps pour comprendre et lutter contre la malédiction qui vous afflige.

Après ce pitch plus que séduisant, voyons voir ce que cache le ventre de la bête !

7C Head.png

 

La mécanique :

J’évoquais en introduction l’utilisation de cartes illustrées, en effet ces dernières vont jouer le rôle de « plateau de jeu» au cours de votre partie tout en agrémentant ce dernier de zones plus détaillées. Elles comportent une iconographie  représentant le type d’actions que vous pouvez entreprendre sur telle ou telle zone du panorama, le coût en effort et en réussite pour valider l’action entreprise. Vous êtes alors dirigé vers la lecture de la carte « XXX » qui vous baigne dans l’ambiance de la situation par une petite narration au verso, et vous présente sur son recto  la situation dans laquelle vous vous retrouvez. Par la suite, vous serez confronté à une découverte bénéfique ou néfaste ou à un nouveau test à réaliser. Selon que vous réussirez ce test ou non, vous lirez les conséquences positives ou négatives et serez souvent redirigé vers une autre carte à découvrir … Oui vous commencez à cerner que ce jeu doit comprendre beaucoup de cartes ! Comptez en environ 960 pour le jeu de base ! Ce qui est incroyable avec ce système, c’est qu’à aucun moment le jeu ne vous fait quitter l’immersion dans laquelle il vous plonge.  Grâce à ces quelques lignes narratives qui dressent une atmosphère propre à votre environnement, comme une sorte de teaser votre pouls s’accélère jusqu’à ce que vous retourniez la carte et soupiriez de soulagement ou de peur !

Terrain 1
Les cartes terrains se suivent mais sont masquées par des brouillards à lever.

Mais toutes les cartes ne servent pas qu’à représenter des terrains, bien entendu. Outre celles à l’effigie de vos personnages, la seconde pile importante, vitale même, est celle de votre deck d’action. Il faut l’envisager sous deux aspects : face verso, ce deck représente votre énergie vitale et donc votre capacité à fournir des efforts pour tenter de surmonter des épreuves. Vous êtes donc maître de vos choix quant à la quantité d’énergie à investir face à chaque obstacle, en omettant pas qu’il est parfois préférable de s’économiser au risque d’échouer un test plutôt que d’y mettre toute son énergie pour une faible récompense.

Face recto, de nombreuses parties qui nécessitent que je vous les sectorise pour bien les comprendre :

  • La partie gauche : vous y trouverez deux valeurs importantes : les étoiles ou succès, et le chiffre 7 (que j’appelle Suc-Sept par commodité). Je vous indiquais la notion d’un effort à fournir pour réussir un test, mais l’effort ne fait pas tout, car parfois il devra également être couronné de succès. Une étoile complète vous donnera un succès, de même pour deux demi-étoiles complémentaires que vous devrez tenter d’associer entre toutes les cartes efforts que vous aurez tiré.

Le Suc-Sept, quant à lui, revêt une part de chance dans votre action. En effet certains de vos équipements vous permettront d’obtenir un succès uniquement si vous tirez un 7 sur une des cartes (d’où le terme Suc-Sept). Il en existe très peu dans le deck de base, aussi ces équipements prendront de l’importance au fur et à mesure de votre progression.

  • La partie droite : il s’agit là d’idées ou de compétences. Lors de chaque test ou vous piochez des cartes dans votre deck d’action, vous avez le droit de n’en conserver qu’une seule sans jamais dépasser le nombre maximum de vos cartes compétences en main. Vous y retrouverez des concepts  qui auront une application direct sur les tests que vous entreprendrez : par exemple « Un homme averti … » (en vaut deux) vous offre une réussite automatique lors d’un prochain test, alors que « C’est en forgeant … » (qu’on devient forgeron) vous autorise à employer moins d’effort lors d’un prochain test. Les idées représentent des objets, considérez qu’au cours de l’action votre survivant a pensé à l’utilité ultérieure que pourrait avoir un outil, comme une sarbacane ou une massue. Libre à vous de créer ces objets plus tard.
  • La partie inférieure : elle se voit attribuée des mots-clés qui représentent d’une certaine manière l’état d’esprit associé à la carte compétence. Aussi ferez-vous preuve de vigilance, d’endurance ou d’agressivité. Lors de certaines actions réussies, vous aurez le droit de récupérer une carte d’un certain mot-clé dans votre défausse et la remettre dans votre deck. Par exemple en évitant de justesse la chute d’une noix de coco sur votre tête alors que vous vous reposiez sous un palmier, vous avez fait preuve de vigilance, hop vous rechargez votre deck avec de la vigilance.
compétence
Une carte compétence composée d’éléments avec chacun leur importance !

Parmi ces cartes compétences, certaines seront spécifiques à votre explorateur, plutôt orientées vers le combat ou la botanique par exemple. Seul votre survivant aura le droit d’obtenir les cartes à son effigie. D’autres représentent des cartes malédiction, soit des absences de succès (à ne pas confondre avec des échecs !) Une sorte de handicap qui représente la futilité de certains de vos efforts alors que la malédiction qui pèse sur vos épaules se manifeste en vous mettant des bâtons dans les roues.

Un point très intéressant du jeu permet de surmonter des obstacles à plusieurs comme la fabrication d’un objet ou l’escalade d’une falaise. Travailler à plusieurs permet au choix des joueurs de réduire les efforts à fournir, mais nécessite une bonne coordination entre les personnages, demandant alors plus de succès. Je trouve très bien pensée cette règle qui n’est pas sans rappeler la difficulté à travailler avec d’autres personnes dans notre quotidien professionnel, mais qui peut pourtant offrir de si belles choses lorsque la collaboration se fait harmonieusement.

 

Des handicaps représentés sous la forme de traumatismes physiques ou psychologiques entraveront votre progression en vous faisant parfois perdre des cartes de votre réserve vitale. Malheureusement plus vous aurez de blessures, plus vous risquez de perdre de cartes. Si vous épuisez votre deck d’action, donc votre capacité vitale, votre aventure ne s’achève heureusement pas de manière abrupte mais vous continuez votre expédition sur votre réserve, comme une sorte de second souffle en tirant désormais les cartes depuis votre défausse. Mais si jamais vous tirez une carte malédiction, c’est le coup de grâce, vous êtes perdu à jamais !

blessé
En accumulant trop d’état négatifs, votre survie et votre deck vont en pâtir.

 

Heureusement pour vous, il existe différentes solutions pour éviter d’en arriver à une telle extrémité ! Outre des événements très ponctuels et aléatoires, ainsi que la capacité d’apprendre de nouvelles compétences avancées  achetées grâce à des points d’expérience, vous pouvez compter sur l’alimentation et la méditation (ou plutôt la prière) pour tenter de remplir votre capacité vitale.

Deck Action défausse
Votre énergie vitale s’amenuise au fil de vos actions.

 

Encore une fois, dans la simplicité Serious Poulp nous offre de l’élégance ! Sentir votre vie défiler sous vos doigts joue inconsciemment un rôle dans vos décisions et sur chaque risque que vous souhaitez entreprendre. Faire un effort est important pour obtenir une capacité qui retournera une situation en votre faveur, mais gérez vos besoins au mieux ! Je trouve qu’il s’agit là d’une belle métaphore qui m’a fait relativiser à de nombreuses reprises les conséquences d’un échec  ou d’une réussite : dois-je vraiment m’y investir ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Quel est le moindre mal pour ma survie ? Tant de questions applicables dans notre quotidien qui peuvent parfois nous offrir un angle de vue différent sur des situations qui nous semblent de prime abord inextricables ou à réponse toute tracée !

 

La fabrication des objets issus de vos « idées » est un élément clé de votre survie puisque ces derniers vous offriront souvent des succès automatiques et / ou des réductions d’efforts pour vos épreuves. Vous pourrez là aussi les fabriquer n’importe quand au coût d’un effort qui peut se trouver grandement réduit pour peu que vous disposiez de ressources premières le composant sur votre position. Par exemple, tailler une sarbacane ne vous coutera pas d’effort si votre environnement dispose de bambou. Votre inventaire étant limité, vous devrez bien choisir quels objets fabriquer, et surtout comment les associer entre eux, car oui vous pouvez les « fusionner » pour améliorer ou diversifier leur utilité. Vos objets composés de différents éléments possèdent une résistance qui s’amenuise au fil de leurs utilisations, aussi pouvez-vous casser plusieurs éléments d’un coup lors de la dernière utilisation disponible d’un objet.

Sarbacane
Si la fabrication d’objet est simple, leur utilisation peut parfois être dure à comprendre.

Il s’agit là d’un des points de règle du jeu les plus compliqués d’après les nombreux retours de joueurs sur les réseaux sociaux. En effet, l’association d’objets tels qu’un pagne en feuillage et un radeau peut en perdre plus d’un, aussi m’a-t-il fallu prendre un peu de recul sur ce concept abstrait pour mieux l’accepter. J’en suis arrivé à l’interprétation suivante : pour économiser de la place nous attachons des objets ensemble par différents moyens, aussi quand on en utilise un, il y a une usure inévitable du lot entier. Grâce à ce point, j’ai compris que T7C n’est pas un jeu sur lequel il faut chercher à tout bout de champ une explication logique imparable faute de quoi vous pourriez passer votre temps à fulminer contre certaines règles qui vous sembleront « illogiques / pas rôle Play »

Pour ne pas prendre trop de place dans cet article, je vous propose de lire ce petit tutoriel (sans spoiler) sur la création d’objet que j’ai rédigé sur Facebook. 

 

Enfin chaque carte terrain vous proposera différentes directions vers lesquelles progresser, mais avant de révéler plus de terrains, vous devrez systématiquement commencer par une exploration représentée par une carte illustrées d’un brouillard. Il s’agit là d’événements aléatoires qui entraveront ou faciliteront votre exploration de nouvelles zones inconnues en vous demandant souvent de résoudre cet obstacle par un test. Ces cartes sont adaptées aux environnements ou vous évoluez, aussi n’aurez-vous pas les mêmes interventions dans une jungle que dans un glacier.

Carte Brouillard
Derrière chaque brouillard, une (més)aventure vous attend !

 

Là encore, l’immersion est à son comble, les explorations toujours adaptées aux lieux d’où vous partez et j’ai adoré cette sectorisation des cartes qui permet d’éviter de croiser des éléments d’aventures illogiques. Chaque fois que je lève le voile en retournant un brouillard, une petite pointe de stress accompagne mon geste alors que je me sens abattu de devoir surmonter une autre épreuve, mais retrouve vite l’élan de survie qui me force à trouver une solution. Car T7C est bel et bien un jeu de survie avant d’être un jeu d’exploration, l’oublier aura une conséquence fatale sur votre partie.

 

Une aventure se compte en plusieurs heures de jeu. Pour venir à bout de la première malédiction, Meeplette et moi avons compté environ 17h30 ! Pas mal comme durée de vie pour 1 seule partie, non ?! Le jeu de base vous propose 4 malédictions à résoudre, je vous laisse faire le calcul du temps nécessaire pour finir cette splendide épopée dans son intégralité!

Rassurez-vous, tout se passe en plusieurs sessions, à ce titre les auteurs ont pensé à un système de sauvegarde d’une simplicité et d’une rapidité telle qu’ils ont fait disparaître la crainte de devoir réinstaller son jeu après plusieurs jours de pause.

Vous regroupez les cartes que vous avez en main, vos objets orientés de telle sorte que leur position vous indique la résistance restante sur chacun, le deck d’action et votre défausse, la carte terrain où vous vous êtes arrêté… voilà c’est fini. En 30 secondes vous avez sauvegardé votre partie. Il ne vous reste plus qu’à ranger tout votre « plateau » dans la boîte, et lors de votre retour sur T7C, vous repartirez sur la carte terrain que vous avez conservé, et devrez explorer de nouveaux votre alentour, conservant en mémoire l’expérience acquise au cours de vos sessions précédentes.

J’adore cette idée  d’une pause entre deux sessions de jeu où durant notre repos, le territoire environnant n’a pas changé, mais le continent continue de vivre malgré notre absence, permettant à de nouvelles menaces de s’installer là où nous pensions pouvoir nous rendre sans embûches. Cela donne vraiment un aspect vivant au jeu !

Le Matériel :

T7C étant principalement un jeu de cartes le contenu de son matériel ne peut être que limité en terme de variété, cependant j’ai quand même quelques remarques à faire sur son contenu.

La boîte du jeu allie sobriété et élégance par sa noirceur sur laquelle tranche le symbole tribal doré évoquant un crâne. D’une très bonne épaisseur, elle se révèle robuste et décorera une étagère tout en faisant naître une pointe de jalousie chez vos invités : « Quoi ?! T’as T7C ?! La chance, il n’existe pas en boutique et j’ai raté la campagne! »

Boîte
L’illustration de la couverture m’a donné de sacré frisson ! Le logo est brillant !

A l’ouverture, j’ai été très surpris par le premier élément qui s’est présenté à mes yeux : le livre de règle. La qualité du papier utilisée me semble vraiment pauvre puisqu’il s’agit d’un papier à gros grains qui semble assez fragile. Un toucher que j’ai trouvé plutôt désagréable lors de la lecture des règles qui ont été faites et illustrées avec réflexion ! J’imagine qu’il s’agit d’un choix de l’éditeur de donner un petit côté vintage au papier de ce livre afin de coller avec le thème 1920, soit…

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Les quelques punchboards servent à monter un socle pour la défausse qui se tient très bien et décore le plateau de jeu, de jetons et de standees à l’effigie des personnages, ainsi que leurs figurines plastique de 15mm. J’ai beau eu le temps de me préparer à la taille de ces figurines, il n’y a qu’une fois en main que l’on peut comprendre à quel point c’est petit, du 15 mm. Certes cette taille les rend complètement adaptées aux décors des cartes terrains, cependant je m’imagine difficilement les peindre en leur rendant hommage, aussi je me suis contenté des standees pour toute la durée de ma partie, d’autant que leurs supports en plastique transparent permettent de ne pas masquer le paysage des cartes.

personnages
Les figurines sont vraiment très très très petites ! Les dés encore plus !

 

Je commence alors le déballage des nombreux paquets de cartes, en les rangeant soigneusement entre les intercalaires en carton numérotés correspondants, et je me dis qu’il s’agit là d’une idée sans laquelle faire une partie serait devenue un véritable cauchemar.

Au fur et à mesure du déballage, je réalise que les cartes sont vraiment très fines et fragiles, elles ne semblent pas présenter plusieurs couches et certaines s’abiment avec un malencontreux coup d’ongle lorsque je les range ! Mince alors, j’ai bien conscience que Serious Poulp a expliqué que leur jeu représente un coût de production énorme, mais quand même ! J’aurai aimé que les cartes soient plus épaisses et résistantes. J’ai donc dû me résoudre à investir  dans des protections en plastique pour protéger l’intégralité des cartes, et pas uniquement celles qui ont pour vocation d’être mélangées, comme je le souhaitais initialement. C’est dommage car cela représente quand même le coût d’un jeu, de sleever environ 1800 cartes en comptant celles des extensions à venir. Je pense avoir bien fait de me lancer dans cet investissement tant les cartes sont manipulées et triées lorsque j’en recherche une spécifique. Cela me semble aujourd’hui indispensable pour le collectionneur qui veut protéger son jeu sur la durée.

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Un Sleevage selon moi indispensable pour protéger l’intégralité de ce jeu: voilà qui remplit encore plus la boîte !

J’ai donc été relativement déçu par la qualité du matériel qui a nécessité (selon mes critères en matière de conservation de jeu, bien sûr) d’investir dans des sleeves supplémentaires.

J’ignore si j’aurais investi dans une version Deluxe du jeu pour un coût qui aurait probablement doublé, voire plus encore ! Cependant, T7C n’est pas un jeu qui nécessite d’en jeter plein les yeux avec son matériel tant son contenu est riche et se suffit à lui-même, aussi ces petits désirs capricieux n’entachent en rien le plaisir que j’ai à ouvrir la boîte et à me lancer dans l’aventure.

 

A noter qu’une petite loupe au format carte de type lentille de Fresnel vous permet de faire un zoom sur les cartes afin de repérer d’éventuels éléments cachés ! Un carnet en cuir avec des pochettes porte-cartes a également été prévu pour la seconde vague d’expédition de cette campagne afin de remplacer votre « besace et carnet », carte ou vous rangez vos indices et autres découvertes en cours de partie. Une attention qui risque d’enrichir le plaisir que j’aurai à feuilleter mon carnet tel un explorateur en pleine analyse de son savoir et de son environnement.

 

Les auteurs ont également mis à disposition sur leur site une bande son originale adaptée aux différents environnements du jeu. Vous pouvez vous en servir gratuitement et la télécharger au besoin afin de rythmer vos parties et d’approfondir votre immersion. 

Les Illustrations :

T7C se distingue une fois encore du fait qu’il a été entièrement illustré à la main par l’un de ses deux auteurs. Si le style graphique des visages de nos héros m’a initialement un peu refroidi tant leurs mines austères et leurs traits épais me semblaient dis-harmonieux, j’ai complètement succombé au charme des différents paysages que l’on croise tout au long de la partie.

Portrait Mary
Mary Kingsley
Portrait HP
H.P Lovecraft

 

Ces paysages d’une richesse inouïe, embellis par de nombreux détails qui ont leur importance quant à la compréhension des lieux où l’on se trouve, offrent des panoramas à l’échelle des figurines en plastique ainsi qu’une variété conséquente d’environnements.

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Chaque élément de décor a son importance… Parfois des secrets sont dissimulés sur les cartes !

Chaque carte s’ajuste parfaitement à sa voisine, dessinant peu à peu sous vos yeux la carte ou vous progressez. Je me suis souvent repéré par rapport aux éléments sur les bords des cartes pour faire le choix de la direction à suivre : « des traces de neige vers le nord ? Je vais peut-être éviter d’y aller », « j’aperçois un ruisseau qui coule à l’ouest, je vais probablement devoir me préparer à le traverser » !

 

Les transitions entre les différents biomes tels que la jungle, le désert ou les zones côtières sont fluides et harmonieuses, permettant de passer de l’un à l’être sans que je ne me sois jamais senti choqué.

C’est un véritable coup de cœur que j’ai ressenti pour ce jeu au cours de sa découverte !

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Voici la mascotte du jeu, alias : Brumpy !

 

La Rejouabilité :

 

A la lecture de la présentation mécanique du jeu, j’imagine que certains d’entre vous se sont interrogés sur la possibilité et l’intérêt de rejouer à T7C une fois finie chaque malédiction. Dès lors que vous connaissez votre point de départ ainsi que l’endroit où vous devez vous rendre et que vous ne pouvez plus être surpris par des retournements dans l’histoire qui vous ont eu lors de votre première partie, le jeu perd-il de l’intérêt ?

C’est une question assez complexe à laquelle donner un avis précis. Si la première tentative d’une exploration pour lever une malédiction a pour but de vous tenir en haleine et de vous surprendre, de vous faire vibrer au fil des surprises bonnes ou mauvaises, vous ne serez certes plus dans le même état d’esprit au cours d’une seconde tentative. Cependant si vous l’abordez dans une autre thématique, à savoir réussir le plus vite possible, explorer plus que ce que vous n’avez pu le faire initialement, découvrir les forces et faiblesses d’un nouveau personnage alors vous pourrez rejouer et prendre du plaisir.

En effet les événements aléatoires qui rythment vos explorations ne surviendront pas au même moment que dans vos souvenirs, certaines actions vous propose de tirer une carte « XXX » parmi les plusieurs exemples qui existe, avec à chaque fois une conclusion différente. J’ai souvent été surpris d’entreprendre une action que je connaissais pensant savoir d’avance sur quel résultat j’allais tomber, pour au final être totalement pris de cours par un dénouement nouveau !

De plus votre deck d’action en perpétuelle évolution ne sera pas clément avec toutes vos résolutions, aussi pourrez-vous échouer là ou tout semblait facile. Les personnages étant tous très différents grâce à leur capacité unique ainsi qu’aux compétences qui leur sont propres, vous n’aborderez pas la même expédition de la même manière en fonction de votre avatar.

Malédictions
Les 4 malédictions de base vous tiendront en haleine!

A mon sens, la rejouabilité est belle et bien présente dans le jeu de base pour une même malédiction, qu’il s’agisse de votre seconde ou cinquième partie. Vous n’évoluerez plus dans les mêmes conditions que les fois précédentes, vous aurez de nouveaux défis à relever avec de nouveaux atouts ou de nouvelles faiblesses qui vous demanderont de composer différemment.

Les extensions qui arrivent ne feront qu’amplifier cette rejouabilité avec pas loin de 12 malédictions au total,  ainsi que de nouvelles mécaniques comme le temps qui passe ou l’introduction de conditions météorologiques.

Je pense que pour bien définir ce jeu, l’image suivante se porte assez à propos : « peu importe votre destination, lorsque vous entamez un voyage, ce qui compte n’est pas où et quand vous arriverez, mais par quel chemin vous êtes passé et ce que vous en avez retiré comme expériences. »

Conclusion :

Je ne pense pas être suffisamment proche de mon ressenti en disant que Le 7ème Continent est sans doute l’un des meilleurs jeux auxquels il m’a été donné de jouer. Mélangeant le thème d’une histoire très narrative dans une époque dont je suis très friand de par mes sessions de jeu de rôle, suivant un système simple qui a remis au goût du jour une ancienne passion : « le livre dont vous êtes le héros ».  

La plupart du temps, lorsque je fais une partie de jeu de plateau, mes actions sont guidées par une logique inconsciente d’optimisation soit de mon score, soit de mon développement. Avec T7C, j’ai enfin eu le sentiment que chacune de mes actions, chacun de mes choix entraîne une conséquence plus ou moins prévisibles et aux résultats pouvant être dramatiques. Combien de fois ais-je du me restreindre d’explorer cette carte par curiosité au profit de ma survie, ou plutôt de celle de mon aventurier. L’amalgame est vite fait tant l’immersion qu’apporte ce jeu est profonde. Pour peu que l’on y joue de manière un peu « roleplay » il prend une toute autre dimension et se bonifie.

Ce jeu est sincèrement un indispensable de toute ludothèque, que l’on soit passionné de jeu solo ou acharné de coopération, cependant je recommande d’y jouer de 1 à 3 joueurs, et de modifier les règles à 4 joueurs de telle sorte qu’un système de tour permette à chacun de jouer environ autant de coups que les autres, faute de quoi on se retrouve facilement à laisser filer des actions consécutives « logiques » d’un joueur sans rien faire de son côté.

J’ai hâte d’y replonger avec un nouvel explorateur, de me frotter à de nouveaux défis, et surtout que Meeplina soit en âge d’y jouer afin que je puisse lui transmettre une partie de mes souvenirs d’enfant grâce à cette merveille.

Heureusement il existe une riche communauté sur Facebook : Explore le 7ème Continent, qui vous apportera de l’aide dans l’interprétation des règles, la compréhension des cartes ou de certaines situations, et bien d’autres sujets comme l’amélioration de votre jeu, la peinture de ses éléments ou des concours comme en ce moment pour gagner des lots T7C.

Je vous encourage à jeter un œil à ma fiction sur ce jeu inspirée par l’épopée de la partie filmée par mon délicieux ami Martin de La société des Jeux. Il commence une seconde partie interactive avec quelques modifications de règles donner plus de piquant à l’aventure.

Enfin peut être qu’un test collaboratif vous intéresse pour vous faire votre propre idée ? Visitez donc la chaîne de Matthieu qui propose à tous ses abonnés de participer à une partie où ce sont eux qui prennent toutes les décisions !

T7C, plus qu’un jeu, est un véritable événement qui fait naître un engouement certains chez les passionnés de jeux de plateau !

Si les jeux servent de distraction, d’amusement ou de passe-temps, celui m’a profondément touché et ému, il a beaucoup résonné avec mon affect, je ne m’en séparerai qu’à mon dernier souffle, lorsque j’aurai retourné cette satanée carte malédiction !

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Suivez sa campagne filmée de T7C
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Profitez de ses nombreuses ressources en lien avec ce jeu

14 commentaires sur “Le 7ème Continent

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    1. Il mérite presque un perfect mais j’ai vraiment un grain de sel dans la gorge avec la qualité des cartes qui sont l’élément principal du jeu

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      1. « Il mérite presque un perfect »
        Ah?
        Je pense qu’il faut prendre un peu de recul par rapport à T7C et passer au-delà de la hype et de l’aspect unique du jeu. Car il est loin d’être exempt de défauts.
        Non des moindres, on pensera notamment à la faiblesse de la narration – les étapes dans les malédictions sont vraiment pauvres, les fins sont risibles -, à la petite taille de l’île mais au temps qu’il faut pour la traverser, artificiellement augmenté par la manipulation difficile et pénible du matériel dû au choix de rester sur du 100% cartes, ce qui rend certaines parties fastidieuses, comme le gain d’expérience ou de ressource type nourriture. La manipulation du deck action, notamment lorsqu’on le re-remplit, ou la pioche/le retour des cartes aventures et état,
        J’ai trouvé, contrairement à ce que tu dis, les transitions entre les différents biomes de l’île, artificiels et brutaux. Passer d’une neige profonde à une jungle luxuriante en deux cartes, alors que tu montes en hauteur de surcroît, ne fait aucun sens!
        Côté rejouabilité des malédictions de base (d’ailleurs, attention coquille « C’est dommage car cela représente quand même le coup d’un jeu » coût c’est mieux), le problème est que leurs mécaniques de base sont assez mauvaises, et qu’une fois que tu connais les étapes, seule la chasse présente une motivation à être rejouée. La vraie rejouabilité provient à mon avis du défi de réaliser un run à 7 malédictions. D’ailleurs je ne parviens plus à n’en jouer plus qu’une tant je trouve que le jeu devient plat.

        Il est intéressant de voir que parmi les joueurs avides que je fréquente, personne n’a encensé le jeu. Un a fini plusieurs malédictions mais n’a pas été transcendé, l’autre n’y trouve pas suffisamment d’intérêt pour sortir le jeu, ma compagne a absolument détesté sa première et unique partie et refuse catégoriquement d’y remettre les pieds, et le dernier n’a même pas envie d’essayer.

        Pour moi la conclusion sur T7C est : beaucoup trop long pour ce que c’est. Nécessite d’être condensé, avec moins de perte de temps sur les cartes d’exploration, de moins mettre l’emphase sur la survie et plus sur l’exploration avec une carte plus étendue mais moins pénible à traverser. Nécessite des fiches de personnages et des jetons pour fluidifier la partie et augmenter la diversité des actions, qui se jouent toutes de la même manière.
        On sent que le jeu a été pensé pour la simplicité de la mise en main pour les joueurs occasionnels mais que le véritable intérêt des mécaniques s’oriente plus vers les joueurs hardcore, ceux pour quoi cette visée de simplicité devient problématique sur le long terme.

        Ah, et pour enfoncer le clou sur nos différences de perception : j’ai adoré la qualité du papier du livret de règles, que j’aimerais voir se démocratiser 🙂

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      2. Merci pour la coquille.
        Je rappelle le caractère « subjectif » de mon opinion sur le jeu, aussi les conclusions que j’en tire sont en résonance avec mon ressenti.
        Ce que tu évoques comme de la longueur, de la brutalité ne m’a pas donné cette impression.

        En effet comme je l’ai exprimé, ce jeu ne doit être confondu ni avec un jeu de rôle, ni avec un jeu d’exploration (Time Stories se vente d’être un jeu de Deck-Sploration). T7C agit sur moi à l’image d’une poésie où chaque carte ajoute une teinte au rêve imaginaire dans lequel la partie me plonge. Il faut à mon sens quitter la recherche de toute logique scientifique avec ce jeu sous peine de ressentir de fortes frustrations.

        Je trouve que les auteurs du jeu ont innové un concept existant depuis longtemps, ont travaillé une mécanique ainsi qu’une réflexion leur permettant d’atteindre un renouveau et pas un copier-coller des LDVELH. Aujourd’hui, parce que je me suis affranchi du carcan de mon cerveau rationnel au cours de la partie, j’en ressort plus de positif que de négatif, voilà mon constat.

        Heureusement, le marché ludique est suffisamment riche pour offrir à chacun une approche plus poussée de ce qu’il recherche vraiment, la votre n’était sans doute pas dans la boîte ébène au crâne doré.

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      3. Les articles sont fatalement subjectifs. Mais attribuer un score parfait à un jeu uniquement parce qu’il est novateur ne rend service ni au développeur ni à la communauté, à mon avis, et avoir un regard critique, mais juste, est toujours important. Pointer du doigt des défauts, car il y en a toujours, est constructif.
        Si j’apprécie le côté « en profondeur » de l’article, je regrette donc le manque de regard critique sur autre chose que les traits des personnages (comme je le mentionne je trouve que le dessinateur est très bon sur les paysages, beaucoup moins sur les scènes de vie et les sujets vivants).

        Mais je sais aussi qu’on a beaucoup de lecteurs en s’enthousiasmant à outrance et en collant des 10 partout. Rahdo en est la preuve.
        Hype away!

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      4. Je ne me reconnais pas dans cette insinuation fortement maladroite d’un « over-hype » sur un jeu afin de gagner des lecteurs.
        Je pense ces derniers suffisamment intelligents pour savoir puiser les données qu’ils souhaitent dans mes réflexion, sans se les approprier comme l’ultime réalité du jeu.

        De plus, merci de garder à l’esprit que je présente pour le moment uniquement des jeux qui me plaisent et que j’ai acheté en toute connaissance de cause. Dans ces conditions il est donc évident que les notes reflètent mon plaisir pour ces jeux.
        Je n’ai pas pour loisir d’acheter des jeux qui ne me plaisent pas, encore moins dans l’idée de leur rédiger une mauvaise impression, et n’ai pas la notoriété d’un grand organisme de presse à qui sont envoyé par tous les éditeurs leurs nouveautés afin d’en faire la publicité.

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      5. Razoupaf, j’ai le même ressenti que toi. Même s’il se lit agréablement, l’article est un peu trop enthousiaste à mon goût, et manque un peu de recul. Personnellement, j’attends mieux d’un jeu à 100, voire 200 boules, en termes de renouvellement. Le primat de la survie sur l’exploration et la lourdeur de la mécanique (mention spéciale aux points d’expérience sous forme de cartes qu’il faut échanger à partir de 7) ont fini par avoir raison de moi.

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      6. J’espère que ta déception de ce jeu ne se sera pas faite au détriment d’un investissement financier trop problématique pour toi ! Quoi qu’il en soit tu n’auras aucun mal à récupérer ta mise sur le marché de l’occasion.
        Quant au recul, je pense en avoir pris suffisamment en pointant bien des ressentis de la communauté de T7C auxquels j’ai été confrontés et en suis sorti sans un dégoût rédhibitoire pour cette aventure.

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  1. Bonjour,

    Je partage pour ma part l’enthousiasme du Dandy Meeple sur ce jeu. J’ai tellement attendu la 1ère campagne, puis tellement attendu la livraison du jeu et portait tellement d’espoirs sur ce jeu… Et bien je n’ai en rien été déçu !

    C’est tout simplement une grande aventure dans une simple boite. Ma femme qui était plus que sceptique a également accroché et ma fille de 4 ans qui voit régulièrement le jeu étalé sur la table n’a qu’une envie : explorer avec nous les mystères de ce continent inconnu.

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  2. Un réel plaisir de lire ton article…. Comme toi j’ai été subjugué par ce jeu… Le seul bémol c’est trouvé le temps d’y jouer…Sinon peut être le meilleur jeu de ma ludothèque

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    1. Bonjour délicieux Karpot. Ravi de t’avoir fais voyager, peut être autant que le 7eme continent, avec cet article! Je te souhaite de prendre autant de plaisir avec les autres 😉

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