Discover : errance en terres presque inconnue

Bonjour délicieux survivants !

J’espère que votre sac à dos est rempli de vivres et que vos chaussures sont bien lacées ! Aujourd’hui, après une looooooooongue période d’essai de « Discover, terres inconnues », je me lance dans la rédaction de mon compte rendu de ce jeu « unique » faisant partie de la nouvelle gamme de Fantasy Flight Games (FFG) : le « Unique Game ».

Définissons d’abord ce nouveau type de jeu. L’appellation « Unique Game » de l’éditeur bien connu dans le monde de Lovecraft, répond à l’idée que chaque boîte du jeu sera unique. Comprenez par-là que deux boîtes du même jeu ne contiendront pas le même matériel, ou du moins pas les mêmes itérations de ce matériel.

Partant de ce principe, FFG vous garantit une aventure UNIQUE à proprement parler, puisque votre sélection de matériel vous accompagnera sur l’UN des nombreux chemins que le jeu peut offrir.

Dans le cas de Discover, ce concept se traduit par un mélange de héros différents, un mélange de 2 biomes parmi ceux existants (île, désert, terre dévastée, montagne, marais…), des cartes événements, objets, monstres différentes…

boîte

La Mécanique

Vous connaissez maintenant le concept, plongeons dans la mécanique du jeu. Il s’agit avant tout d’une aventure ou l’accent est mis sur la survie avant l’exploration, cependant vous n’aurez d’autre choix que d’explorer les tuiles de terrains environnants afin de trouver eau et pitance pour passer la nuit !

Vous vous réveillez près d’un feu de camp dans un endroit inconnu, sans le moindre souvenir sur la manière dont vous avez atterri à cet endroit. Dans votre sac, une ration, une bouteille d’eau, voilà tout !

A l’aide d’un plateau de joueur individuel à roues, vous dépenserez vos points d’endurance afin d’entreprendre plusieurs actions : explorer une tuile adjacente, cuire de la viande, récolter des ressources ou découvrir un événement « local ».

compteur
La roue de suivi des dégâts et de l’endurance.

Les tours sont rythmés par vos actions le jour et les événements nocturnes où vous récupérez de l’endurance, devrez manger ou boire, générer des monstres, subir les éléments … Vous suivrez la trame narrative de cartes scénario jusqu’à le terminer, ou y succomber …

De prime abord, la mécanique de ce jeu est vraiment simple et facile à comprendre ou expliquer. On se jette facilement dans une partie de Discover. Le scénario dresse un bref aperçu de l’environnement direct, vous oriente vers un objectif en restant suffisamment flou pour visiter les environs à sa recherche et découvrir des événements secondaires intéressants ou dangereux.

Les principes d’alimentation et hydratation se résolvent facilement : trouver de l’eau et vous pourrez boire la nuit, trouvez à manger, vous devrez la cuire pour la manger… Si vous ne pouvez-vous sustenter lorsque le jeu vous le demande, vous subissez un dégât lié au type de carence, que vous pourrez soigner en levant cette carence en mangeant ou buvant.

menace
Les cartes menace vous feront vivre des nuits compliquées.

Vous pouvez subir 3 blessures (physique, empoisonnement, carence alimentaire), puis la quatrième vous sera fatale, mettant fin à votre partie, mais pas à celle de vos collègues. En effet, il s’agit de ce genre de jeu un peu imprécis : ni collaboratif, ni compétitif (excepté pour l’ultime scénario) où il est compliqué de savoir si l’on doit se la jouer survie solo dans son coin ou jouer en groupe en perdant du temps d’exploration.

Si le premier tour de jeu semble facile, on se retrouve rapidement confronté à un faible nombre d’actions par tour ainsi qu’un besoin permanent de perdre du temps pour trouver de la nourriture ou de l’eau au détriment de l’objectif principal et de la compréhension de notre présence ici.

Des objets aléatoirement tirés vous aideront à la survie ou au combat, avec une étrange mécanique puisque « les projets » sont propres à chaque détenteur, mais lorsque vous le fabriquez tous les autres joueurs peuvent aussi le faire… Pourquoi ? Mystère.

 

Le Matériel

Voilà un point plutôt important pour un jeu dont chaque boîte contient un matériel unique. Le jeu se base en grande parties de petites cartes au format « mini européen » très appréciées chez FFG, quelques grandes cartes et des tuiles pluri-hexagonales pour le terrain. Comme promis, 2 biomes parmi les nombreux disponibles, 12 héros parmi les 36 crées.

tuiles
Des tuiles de terrains plutôt vides. Chaque élément de relief a une importance.

Tout est de bonne qualité comme on peut l’attendre de l’éditeur, MAIS en fouillant le matériel, je me suis trouvé confronté à un constat qui m’a beaucoup troublé : le jeu contient plusieurs exemplaires de cartes IDENTIQUES !

Rien de choquant dans le cas d’un objet par exemple. Le jeu pouvant être pratiqué par 4 amis, c’est normal que chacun possède un exemplaire du même objet. Hors là il s’agit de cartes événements identiques ! Lors de la préparation d’une partie, le jeu vous informe qu’il faut retirer les exemplaires excédentaires des numéros X, Y, Z, ce qui d’un point de vu narratif a du sens concernant des objets ou des événements clés de votre quête principale. Cependant, il reste des cartes en double ou triple exemplaire dont le texte est rigoureusement le même….

101 bis
une des séries de cartes identiques. Je ne les révèle pas pour éviter le spoil.

C’est là que j’ai commencé à prendre conscience d’une certaine « facilité » à créer un jeu unique, si l’on met en nombre aléatoires des cartes identiques. Communs sont les jeux aux cartes identiques multiples, dans un Deck Building, dans un jeu compétitif, mais dans un jeu « unique » je m’attendais à des événements UNIQUES !

Les plateaux à roues des personnages sont intéressant à utiliser, mais auraient pu être remplacés par de simple jetons de points de vie.

Cependant, les jetons sont en nombre très -trop- important, et deviennent rapidement astreignant à gérer tant ils sont petits.

jetons
Cool des jetons ! Dans la boîte encore plus de jetons « ressources de terrain » plus petits !

 

Les Illustrations

Concernant les tuiles de terrain, je trouve que le travail d’illustration est sobre et manque même de détails. Certes les teintes et les « décors » ont une utilité propre : définir un point d’intérêt ou des cases difficiles d’accès, mais l’ensemble, bien que coloré, devient vite pauvre et redondant.

Les survivants sont représentés dans un style qui n’est pas sans me rappeler certains dessins animés de mon enfance, ce qui rend l’identification plus simple à ces personnages aux multiples origines. J’ai d’ailleurs remarqué avec satisfaction que les personnages féminins y sont très bien représentés, rendant la parité rafraîchissante lors du choix de notre avatar. Tous les horizons professionnels sont balayés, du vendeur de voiture au cuisinier en passant par la laborantine, et les personnages sont d’origines diverses !

perso disco

Ce jeu est au moins unique en cela qu’il sort des stéréotypes de « héros » préfabriqués, vus et revus dans d’autres jeux.

 

Conclusion

A l’image d’un soufflet, Discover m’a vraiment émoustillé à son arrivée mais l’engouement est retombé aussi vite à l’issu de la première partie. J’ai acheté une boîte, et j’ai eu la chance d’en recevoir une d’un société de RP d’Asmodée, ce qui m’a permis de tester différents scénarios et faire une véritable comparaison de matériel pour le biome « île » que j’ai eue en double.

Bien que la base du jeu soit simple et abordable pour des néophytes du jeu de plateau, des passionnés ayant connaissances d’autres jeux du même type n’y trouveront probablement pas de quoi les rassasier. La narration est recherchée lors des objectifs, des lieux d’intérêts ou des événements, mais l’ensemble ne repose sur aucune trame. Beaucoup d’apparence et d’allure pour un contenu mécanique répétitif  mais vide, jusqu’à en devenir frustrant.

Etant passionné par une histoire bien ficelée avec des retournements et une véritable conclusion, je n’ai vraiment pas perçu mon salaire au cours de cette aventure. J’imagine que Discover tente de se poser en concurrence contre le 7ème Continent qui n’est que difficilement accessible puisque non vendu en boutique, et sans doute trouvera-t-il sa place pour celles et ceux qui souhaitent tester un jeu de survie « correct ». Cependant il m’en faut plus. Aussi l’errance dans ce jeu de survie m’aura si ce n’est déçus, au moins laissé sur ma faim.

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Merci à Amyitis pour certaines de ses photos d’illustration !


Philibert
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